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Accompagnement de groupes organisés

Ce texte a été produit en avril 2014 par la Coordin'action Nationale des Associations de l'Habitat Participatif. Il décrit l'historique, les objectifs et la structuration actuelle de la coordin'action nationale des associations.

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La Coordin’action est une structure fédérative qui s’appuie sur une expérience de plusieurs années de chantiers inter-associatifs fructueux.

1/ Une fédération construite progressivement grâce à des projets communs

Entre 2009 et 2013, une dizaine d’associations françaises ont appris à se connaître et à réaliser des projets communs concernant l’Habitat Participatif. Ces associations, de taille variable, réparties sur le territoire français, sont en lien avec les groupes projets et des habitats existants à l’échelle d’une ville, d’une région et parfois du territoire national, comme les associations Eco-Habitat Groupé, Habicoop et le Réseau Habitat Groupé.

Rencontres Nationales à Nantes (2009), Strasbourg (2010) et Grenoble (2012)

A partir de 2005, dans un contexte d’effervescence et de multiplication des groupes projets, différentes associations ont souhaité proposer des temps de rencontre nationaux. Ces rencontres s’adressaient d’abord aux groupes projets. Progressivement des associations régionales se sont constituées sur certains territoires et ont facilité la structuration du mouvement, attirant toujours plus de participants (jusqu’à 500 personnes lors des dernières rencontres à Grenoble).

Dans le cadre des rencontres de Strasbourg en 2010, les collectivités territoriales et les bailleurs sociaux sont devenus des partenaires essentiels de ces rencontres.

En 2012, les rencontres de Grenoble ont eu lieu dans un contexte de préparation de la future loi ALUR et d’implication du Ministère du logement. Les Actes de ces rencontres rendent compte de la très grande richesse du mouvement[1].

Livre Blanc de l’Habitat Participatif (2011-2012)

A l’issue des Rencontres nationales de Strasbourg, les pouvoirs publics ont manifesté leur intérêt pour l’habitat participatif, mais les élus et techniciens engagés sur le sujet devaient répondre à des critiques sur le caractère privé des projets. Quel intérêt et quelle légitimité les collectivités publiques pouvaient elles avoir à soutenir ces initiatives ?

Le Livre Blanc de l’habitat participatif est un ouvrage collectif, rédigé entre mai et novembre 2011 avec l’ensemble des associations françaises, qui montre que l’Habitat Participatif répond à 5 enjeux d’intérêt général : le lien social, les difficultés d’accès au logement, la régulation des prix du marchés immobilier, le dynamisme des territoires, la qualité environnementale du logement.

La diffusion du Livre Blanc a démarré lors du colloque international « Alter Prop » de Tours en mars 2012. Dans les mois suivants, 1000 exemplaires papiers ont été diffusés par les associations à travers la France, notamment en direction des élus locaux. Des exemplaires ont été transmis à tous les candidats à l’élection présidentielle de mai 2012. Le livre est aujourd’hui en téléchargement libre sur le site internet de la Coordin’action.

Journées Portes Ouvertes (octobre 2013)

Suite au succès des Rencontres nationales, et dans le contexte de présentation de la loi ALUR au Parlement, les associations de la Coordin’action ont souhaité organiser un évènement capable de rendre visible la multitude des projets existants sur le territoire français. Il a été décidé de mobiliser le plus grand nombre possible d’Habitat Participatif sur un week-end pour l’organisation de portes ouvertes festives.

Cet évènement supposait un pilotage national avec une bonne mobilisation régionale et locale. L’organisation de la Coordin’action s’est révélée très puissante et les relais associatifs ont permis d’organiser 100 évènements quasi-simultanés en France. Le site internet conçu pour mettre en valeur l’évènement a été visité par 60 000 internautes en deux mois avec un pic de fréquentation à 4587 internautes le samedi 19 octobre, premier jour de l’évènement.

Suivi du projet de loi ALUR (2012-2014)

Enfin, la cohésion des associations membres de la Coordin’action s’est plus particulièrement renforcée dans le cadre du travail d’accompagnement de la loi ALUR. Les ateliers de concertation organisés par le Ministère ont obligé les associations à construire un discours commun et cohérent. Les propositions émanant des associations ont été systématiquement partagées lors de conférences téléphoniques préparatoires et des réunions plénières de la Coordin’action.

Cette action s’est ensuite prolongée dans le cadre du débat parlementaire autour de la loi. Les représentants de la Coordin’action ont rencontré les rapporteurs de la loi à l’Assemblée nationale et au Sénat. Ils ont également suivi la rédaction des amendements et été force de propositions pour faire évoluer le projet de loi en fonction des besoins des groupes d’habitants.

2/ Création officielle de la Coordin’action : 1er juin 2013

L’Assemblée générale constitutive de la Coordin’action s’est tenue à Lyon le 1er juin 2013. Le besoin de créer une personne morale s’est fait sentir pour permettre la reconnaissance du travail accompli au niveau national, favoriser la visibilité du mouvement et offrir une structure commune capable de représenter la diversité des associations.

Nombre de structures adhérentes

Lors de l’approbation de la charte de la Coordin’action en novembre 2012, il y avait 9 associations signataires. Au mois d’avril 2014, 15 associations sont adhérentes de la Coordin’action.

L’âge, la taille, le territoire d’intervention et le niveau d’organisation de ces associations sont très variables.

Trois associations ont une intervention nationale (Eco-Habitat Groupé, Habicoop, Réseau Habitat Groupé) mais une seule a des salariés. Par ailleurs, plusieurs associations régionales sont très structurées et s’appuient sur des chargés de missions (Les Habiles à Grenoble, Eco-Quartier Strasbourg, HP Ouest en Bretagne, la Coordination régionale PACA). Toutes les associations se sont montrées capables de prendre leur part dans les chantiers d’envergure nationale. D’autres associations sont en cours de structuration et devraient pouvoir rejoindre la Coordin’action dans les prochains mois.

Nombre de groupes projets représentés

Les associations sont en lien avec les groupes existants sur leur territoire d’intervention. Ce point est un critère essentiel pour faire partie de la Coordin’action. C’est ce qui donne leur légitimité aux associations et leur permet d’être réellement en capacité de témoigner des attentes et des besoins des groupes. Toutes les associations organisent des formes de mutualisation de connaissance et de démarches intergroupe via des réunions régionales ou locales.

On peut estimer que les associations membres de la Coordin’action sont en lien avec environ 100 groupes existants ou en projet. Il faut toutefois noter que les groupes sont difficiles à mobiliser dans la durée : certains renoncent à poursuivre le projet, d’autres se scindent en plusieurs sous-groupes et d’autres enfin, trop absorbés par les phases les plus prenantes du projet (conception architecturale, chantier, emménagement…), n’ont plus d’énergie pour participer à des temps de rassemblement. Le travail d’animation d’un réseau de groupes est donc toujours à refaire, pour réunir autour de projets communs (ateliers d’information, écriture d’un guide, réalisation d’un film, de rencontres régionales…).

L’une des forces de la Coordin’action est de permettre aux associations de mettre en commun leurs outils et leurs pratiques pour dépasser cette difficulté dans le lien aux groupes.  

Gouvernance et organisation du travail

La gouvernance de la Coordin’action est assurée par un comité de pilotage dont les représentants sont élus en Assemblée Générale. Ce « copil » est chargé d’animer la vie de l’association, de suivre les projets et d’assurer la gestion de la trésorerie.

Le copil est actuellement composé de 6 membres issus de 6 associations différentes par leur taille et leur territoire d’intervention : EHG (France), Habicoop (France), Hesp’ère 21 (Paris), EHG Nord Pas de Calais, Les Habiles (Isère) et Eco-Quartier Strasbourg (Alsace).

Le travail bénévole associe largement l’ensemble des associations de la Coordin’action via des réunions plénières et des commissions.

Les réunions plénières de la Coordin’action sont programmées environ 1 fois par trimestre, dans des villes différentes. Depuis l’AG constitutive du 1er juin 2013, trois réunions plénières ont eu lieu à Angers (« Habitat Différent », sept. 2013), Paris (« Couleur d’Orange », déc. 2013), Lyon (« Village Vertical », fév. 2014). La prochaine réunion est prévue le 17 mai à Lille chez Anagramme. L’accueil matériel de la réunion est assuré autant que possible dans les parties communes d’un habitat participatif existant.

A ce jour, trois commissions sont constituées :

-     Commission « Suivi de la loi ALUR » : elle s’occupe de tout ce qui a trait à la loi ALUR et son chapitre 47. Elle se concentrera dans les prochains mois sur la rédaction des décrets d’application. La commission associe ponctuellement des experts (juristes, notaires, banquiers…) ou d’autres acteurs du mouvement. Elle assure le lien avec le Ministère du Logement.

-      Commission « Plateforme nationale » : elle travaille sur la création d’un site internet et de son animation en vue de la mise en réseau des acteurs et des groupes projets. Elle a plus particulièrement collaboré avec l’association RELIER sur la création du site www.habitatparticipatif.net et qui a servi de support à l’organisation des Journées Portes Ouvertes en octobre 2013.

-      Commission « Journée Nationale du 21 juin 2014 » : cette commission a été créée pour l’organisation du prochain évènement national préparé par la Coordin’action, en lien avec l’association EHG Nord Pas de Calais et la Ville de Lille.

Pour limiter les frais de déplacements et permettre un travail efficace les commissions se réunissent uniquement lors de conférences téléphoniques. Elles rendent compte de leur travail via la liste de discussion de la Coordin’action et lors des plénières. Par ailleurs, la Coordin’action a développé un système d’archivage virtuel partagé sous la forme d’une dropbox.

L’ensemble de cette organisation et de ces méthodes de travail permet à la Coordin’action de fournir un travail bénévole très conséquent et efficace avec très peu de moyens. L’impact de ce travail militant serait toutefois démultiplié avec des moyens financiers plus conséquent, par exemple avec le recours à des prestataires qualifiés (expertise juridique, communication, développeur internet, etc…). Par ailleurs il y a un réel risque d'épuisement des ressources en rendant la Coordin’action entièrement dépendante du bénévolat ou du portage des chantiers par les associations membres.

3/ Les champs d’action de la Coordin’action Nationale des Associations

La Coordin’action nationale n’a pas vocation à se substituer aux associations existantes localement, régionalement ou nationalement. Elle propose un espace d’échange et de coordination entre les différentes structures pour faciliter le travail commun et éviter les concurrences néfastes ou inutiles. Elle est également un interlocuteur pour les partenaires nationaux et européens qui souhaitent s’adresser à toutes les composantes du mouvement citoyens français de l’Habitat Participatif. Enfin elle organise des temps forts et produit des documents de synthèse qui peuvent être des références pour tous.

1 – Soutenir l’action des associations locales, régionales et nationales

Pour éviter l’isolement dans leur action et le risque d’essoufflement, les différentes associations françaises cherchent à conserver des liens forts entre elles. Par ailleurs, sur certains sujets transversaux (juridique, méthodologique) elles peuvent mutualiser leurs actions.

Pour répondre à ce besoin, la Coordin’action est avant tout un lieu d’échange entre associations. Elle permet de gagner en efficacité, en cohésion et d’échanger sur les bonnes pratiques. Elle a vocation à prendre en charge l’impulsion de chantiers nationaux qui soutiennent l’activité de toutes les associations : études, communication, évènements nationaux, publications…

2 – Porter la parole citoyenne dans les instances nationales dédiées à l’Habitat Participatif"

Suite aux ateliers ministériels, les différents acteurs nationaux appellent de leurs vœux la création d’une instance incluant le Ministère du Logement, le Réseau des collectivités territoriales, l’USH et la Fédération de Coop. HLM, le réseau des professionnels de l’accompagnement, les CAUE, les acteurs bancaires, les professionnels de l’immobilier (notaires, géomètres, …).

La Coordin’action est candidate pour siéger dans cette instance, porter la parole des groupes d’habitants et prendre sa part du travail dans la déclinaison d’un plan d’action national en faveur de l’Habitat Participatif.

3 - Consolider le travail législatif et juridique sur les sociétés d’habitat participatif

Au lendemain de la promulgation de la loi ALUR, le chantier règlementaire et juridique pour consolider les sociétés d’Habitat Participatif est encore très conséquent. Ce travail doit se faire en lien avec les acteurs nationaux mais aussi en lien avec les associations et les groupes projets qui vont se saisir de ces nouvelles sociétés.

La Coordin’action peut être un relais utile des expérimentations en cours sur les différents territoires et soulever les points de vigilance dans la phase de rédaction des décrets.

4 – Faciliter l’émergence de modèles financiers et assurantiels

Au regard des conditions posées par la loi et de la prudence des banques et des assureurs vis-à-vis des projets d’Habitat Participatif, un travail de fond est à réaliser avec ces acteurs pour clarifier les risques réels liés à ces projets et les moyens de sécuriser les démarches.

La Coordin’action peut apporter sa part dans l’expertise à ce sujet et faire remonter les expériences des groupes projets en cours. Elle soutient également le projet de fonds solidaire « Habitat Participatif et finances citoyennes » qui permet d’apporter une réponse ponctuelle à des besoins de financement de groupes non pris en charge par le secteur bancaire conventionnel.

5 – Rendre visible l’habitat participatif sous toutes ses formes : autopromotion, coopératives d’habitants, locatif social...

La multiplication des projets nécessitera une plus grande implication citoyenne. Il faut donc convaincre un plus grand nombre de personnes de s’intéresser à cette nouvelle voie, en élargissant les publics auxquels est proposé l’Habitat Participatif.

La Coordin’action peut contribuer à développer des outils dans ce domaine, utiles pour toutes les associations et partenaires nationaux qui mènent le travail de sensibilisation au quotidien.

6 - Aller vers les acteurs européens du co-housing

Plusieurs associations européennes travaillent actuellement à une mise en réseau au niveau européen des associations d’habitant travaillant autour de la notion de « co-housing ». De fait il existe déjà de nombreuses connections transfrontalières, comme à Lille avec la Belgique et à Strasbourg avec l’Allemagne. Par ailleurs, le réseau de l’Habitat Participatif a la chance de bénéficier de plusieurs « individualités internationales »[2] qui servent de passeur d’idées.

La Coordin’action pourrait répondre aux sollicitations qui émergent pour organiser un temps fort européen entre les différents représentants des mouvements associatifs.


[1] Les actes des rencontres de Strasbourg et Grenoble sont téléchargeables : http://www.habitatparticipatif.net/documentation/

[2] David Moya et Claudia d’OISA ont mené des recherches sur les lieux alternatifs en Espagne, France et Allemagne ; Stefan Singer, allemand, travaille à Montpellier comme accompagnateur de projet ; Pete Kirckam, anglais, est administrateur d’Habicoop ; Ledwige Tummers, chercheuse originaire des Pays-Bas a organisé le colloque Alter Prop de 2012 à Tours (etc..).


Voir aussi
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